Casting Le Meilleur Pâtissier – Saison 7 – L’Interview filmée


 

 

Première partie de cette aventure ICI !

 

 


LA SEMAINE AVANT LE JOUR J – Interview filmée


 

 

Je commence donc très vite à réfléchir à ce que je vais amener comme création.
Il est hors de question que je ramène un entremets certes que je maitrise, mais qui ne me représente pas, juste parce que je suis sûre de ne pas me planter. C’est une prise de risque, mais je veux vraiment leur montrer mon univers.
Et pour cette étape, j’ai un conseiller de folie ! J’ai nommé, Joshua, qui, des heures durant, a supporté mes tergiversations sur des hypothétiques parfums, et je dirais même plus, m’a aidé à en chercher. (Je ne citerai que cette phrase, excellent résumé de nos échanges : « Mais elle va nous lâcher avec son P&!€#n de Kumquat ?!  » )
Parce que comme d’habitude, j’ai le visuel en tête: je veux un entremets en forme de nuage, floqué en rose poudré, avec de délicates plumes en chocolat blanc, et des feuilles d’argent ci et là… Le truc bien précis, quoi…
Et si je partais sur un entremets qui me ressemble, il fallait y mettre de la framboise, mon parfum préféré, que j’affectionne tant pour sa couleur, que pour sa douceur acidulée. Mais qu’est ce qui se marrie bien avec de la framboise… ?
Après de longues, très longues minutes (heures?)… Le pamplemousse s’impose ! Ce choix est unanimement validé !

L’avantage de l’entremets c’est que j’ai pu le faire en avance. Il doit être congelé pour être glacé, alors j’ai pu le faire dès que j’en avais le temps, dans la semaine. Bien entendu, impossible d’en faire deux pour en goûter un avant le jour J… Je n’ai plus qu’à espérer que ça fonctionne… !

 

En revanche pour le St Honoré, c’est une autre paire de manche… Il me parait être un véritable obstacle, que je ne doute pas un seul instant de surmonter, mais qui m’effraie quand même un peu.

Il faut savoir que je n’aime pas la pâte à choux. Il y a toujours quelque chose que je ne gère pas… Je ne sais jamais si je la dessèche trop ou pas assez, si la température du four est bonne… Résultat, j’en ai fais peu de fois, et une fois sur deux, ils étaient affreux. Et en plus de ça, il faut faire de la pâte feuilletée, parce que, évidemment, hors de question de prendre de la toute-faite…
La crème Chiboust, quant à elle, ne me parait pas insurmontable. Elle est composée d’une crème pâtissière collée à la gélatine, et d’une meringue italienne, qui sont deux éléments que j’ai déjà eux l’occasion de réaliser de nombreuses fois.

L’occasion se présente, le vendredi, de réaliser une pâtisserie pour une petite sauterie au travail. Je me dis que ce serait bête de perdre mon temps à réaliser autre chose, et que je vais employer ce temps à m’exercer. J’échelonne donc la création de mon St Honoré d’essai sur deux jours: la pâte feuilletée et les choux la veille, et la crème Chiboust et le caramel, le jour J.
Le résultat n’est pas parfait (La pâte feuilletée que j’ai volontairement cuite entre deux plaques pour limiter son développement, n’est justement pas assez déveleoppée et donc trop compacte ; La chantilly que j’ai faite en remplacement de la crème Chiboust que j’ai ratée n’est pas assez généreuse : Le caramel doré de mes choux n’est pas très régulier et la dorure craquelle) mais pour un premier, je suis plutôt satisfaite. Je note ce que je dois revoir, et décide d’organiser mon temps de la même façon pour le mardi.

LA VEILLE : Et voila que la jour J approche à grand pas, mais je me sens plutôt sereine. Heureusement, j’ai réussi à prendre congé la veille pour être plus cool dans mon timing (Merci Aurélie !!).
Mon petit chou à la crème arrive pour me soutenir dans cette dernière ligne droite de préparation, et m’accompagnera sur place. Un vrai petit chou d’amour, une amie en or… ! ♥
Mon entremet est donc au congélateur, tout prêt, et ça c’est un poids en moins. Le concernant, il ne me reste plus qu’à le glacer le jour J, et faire les petites plumes en chocolat blanc.
La pâte feuilletée de mon St Honoré est prête et au congélateur, je dois encore faire les choux.
Le lundi soir, en allant me coucher, je suis dans les temps: les plumes en chocolat sont faite et me plaisent, mes choux sont prêts, et j’ai sélectionné les plus beaux, ma pâte feuilletée est cuite et belle, ma crème pâtissière est faite et au frais.
Ma tenue est choisie et m’attend sur un cintre et j’ai enfin renvoyé ce questionnaire atroce, qui m’a donné tant de mal. J’ai mis plusieurs jours pour y répondre. Certaines questions étaient très simples et ressemblaient plus ou moins à celles auxquelles j’avais répondu pendant la conversation téléphonique avec Danaé, mais d’autres m’ont vraiment donné du fil à retordre, telles que « Quelles sont vos ambitions ?  » ou « Quelle est votre plus grande réussite ?  » ou « Décrivez votre caractère en quelques mots ».
Encore une fois, j’ai décidé de répondre avec toute l’honnêteté que je pouvais, même lorsque je n’avais pas de réponse à donner.

Je me couche donc tardivement vers 2h du matin, excitée comme une puce !

 

 


LE JOUR J – Interview filmée


 

 

Le réveil de 7h pique un peu… Manque de sommeil oblige. Mais je me lève, impatiente de démarrer cette journée.

Je m’attaque directement à le meringue italienne qui s’ajoutera à ma crème pâtissière déjà faite, car elle doit être battue longtemps pour redescendre en température.
Pendant que mon Kiki s’occupe de la fouetter, je prépare un carton qui me servira de chambre de peinture, dans lequel je place mon entremet nuage tout juste sorti du congélateur et démoulé. Je le floque délicatement et je suis ravie du résultat: un beau rose pâle mais pas terne, comme je voulais. Je le décore, avec ses plumes en chocolat blanc, ses petites feuilles d’argent, et je dépose ci-et-là, dans les creux, des petits gouttes de glaçage scintillant.

Ma meringue italienne est prête, je l’ajoute à ma crème pâtissière. Mais alors que je suis pourtant très vigilante à ne pas la fouetter et à être très délicate, elle devient liquide. Pas de panique, je reste ultra-zen ! Je garnis malgré tout mes choux, et j’en applique au fond de mon St Honoré. Je décide de faire une chantilly de dernière minute pour le pochage. De toute façon, je trouve ça trop sucré, la crème Chiboust, ça me permettra d’alléger l’ensemble.
Une fois mes choux garnis, je les glace avec un caramel doré, et j’utilise des moules demies-sphères pour leur donner un bel aspect visuel bien régulier. J’applique de la feuille d’or sur les petits choux que je colle au caramel sur le pourtour de la pâte feuilletée, et je poche la rosace. J’ai quelques difficultés liées au manque de pratique, mais finalement, ça ressemble à ce que je veux.

Pendant ce temps, mon petit Chou est allée me chercher la glacière chez une amie qui me la prête (Merci Charlotte ! 😀 ) et moi j’ai pris ma douche et je me suis préparée.
Me voila enfin prête, et mes gâteaux aussi ! Je ne suis toujours pas stressée, je suis heureuse et complètement consciente de la chance que j’ai de vivre cette aventure !
Le temps de faire quelques photos pour les articles à venir, de caler les gâteaux dans leurs carrosses, et nous voila parties avec 1/2 heure de retard (Sinon, ce ne serait pas vraiment moi…)

 

Création libre : Entremets framboise, pamplemousse et rose

 

Création technique : Le Saint Honoré

 

 

Le chemin se fait sans encombres, on rigole, on discute, on révise… J’avais demandé à mon petit Chou de me faire réviser sur les classiques de la pâtisserie, donc pendant que je conduisais, elle me posait des questions avec le livre « Je passe mon CAP pâtissier » de Michel et Augustin sous les yeux… Et alors qu’elle relie mon mail de confirmation reçu les jours suivants l’appel de Danaé, elle lit « Merci de nous confirmer votre venue par mail ». Problème: Je n’ai pas lu cette ligne écrite en bas du mail, en minuscule… Et donc, je n’a absolument pas confirmé ma venue !!!!
J’appelle Danaé en catastrophe pour lui expliquer la situation. La voila qui me dit « Ah. Ben c’est mort Agathe… ». Je manque un battement, je dirais même plus: mon cœur s’arrête ! Mes gâteaux sont dans le coffre, je suis déjà en route, certes, pas très loin, mais déjà en route ! Mais en fait… Grande blageuse, cette casteuse !! Elle me faisait marcher et a bien rit de ma naïveté… !

Nous finissons par arriver sur Paris, mais sommes bien ralenties sur le périph’… Là, je l’avoue, le stress commence à monter sérieusement… Je tente de me raisonner, de me dire que je n’ai rien à perdre, tout à gagner, et que je veux donner le meilleur de moi tout en restant fidèle à ma personnalité.
Tout au long du chemin, j’ai eu des messages de mes collègues, mes amis, et des appels de ma famille, pour m’encourager et me souhaiter bonne chance. Je suis hyper bien entourée, et il y a bien plus de monde qui croit en moi, que moi-même !
Parce que moi, je ne veux pas me faire de faux-espoirs. Je ne cesse de me dire que nous sommes extrêmement nombreux, et que j’ai déjà une chance folle d’aller jusque là. J’espère aller le plus loin possible bien sûr. Je rêve d’aller sous la tente. Mais soyons réalistes, nous sommes tellement nombreux pour si peu de place… Je ne pense pas sérieusement avoir mes chances, mais quoi qu’il en soit, je suis heureuse d’être là !
Enfin, nous arrivons à 17h30 devant la BBC. Nous cherchons une place, et le temps de me repoudrer le nez et de me remettre un peu de rouge à lèvres, nous arrivons avec 5 minutes d’avance devant les portes du bâtiment.

Alors que l’on commence à monter les marches qui mènent à la porte, glacières en main, une femme m’interpelle. C’est Danaé, qui m’a reconnue et qui prend sa pause avec sa collègue. On se salue, et elle semble tout aussi sympathique que sa voix. Elle nous accompagne dans le bâtiment. Et là dans ma tête, je me dis que le répis que je pensais avoir pour souffler mon stress en dehors de ma poitrine, je ne l’ai plus. Danaé est déjà avec nous, c’est parti ! A partir de maintenant, tout compte !

On échange nos cartes d’identité contre des badges nous permettant de passer les portiques de sécurité, nous montons en ascenseur jusqu’à l’étage des bureaux de la BBC, et nous entrons dans un open space dont les couloirs sont bordés de vitrines avec des gooddies de la chaine. Je vois notamment des articles à l’éfigie du Meilleur Pâtissier, et ça me renvoie la raison de ma venue. Le stress monte.
Danaé nous fait entrer dans une petite pièce vitrée, avec un fond papier « Le Meilleur Pâtissier ». Elle m’indique une table ou déposer mes pâtisseries, et demande gentiment à mon amie de nous attendre dans les canapés à l’entrée. Dernier petit signe. Je sais que quand on se reverra, ce sera fait. Le stress monte d’un cran.
Je déballe mes pâtisseries: le St Honoré n’a pas bougé d’un poil: premier soupir de soulagement. L’entremets a rendu un tout petit peu d’eau: j’espère que Danaé va s’absenter suffisamment longtemps pour que je l’enlève avec un coin de mouchoir en papier… Mais ce n’est pas le cas !

Cette dernière me sert un verre d’eau et m’explique comment va se passer l’interview: un premier temps où elle me posera des questions sur moi et ma personnalité, un second temps où on parlera des gâteaux que j’ai améné, et un troisième temps où on reviendra sur moi en parlant de l’émission.
Elle me met très à l’aise en me disant qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, qu’elle n’est pas là pour me faire passer un entretien d’embauche, et que je dois me montrer telle que je suis. ça tombe bien, c’est ce que je souhaite: ne pas jouer un rôle.
Je signe un accord d’utilisation de mon image pendant que Danaé installe son Ipad sur un trépied. Elle fait quelques essais et… C’est parti !
Pour tout vous avouer, je ne me souviens pas très bien de cette interview… Quelques questions me reviennent mais le stress m’a littéralement fait parler. Je suis devenue complètement logorrhéique et hors de contrôle. Et aujourd’hui quand j’y repense, c’est comme si j’observais la scène depuis un coin de la pièce ! J’ai été honnête sur toutes mes réponses, mais j’étais… euphorique. Je parlais beaucoup, et avec les mains, pour masquer mon stress sans doute. En sortant j’ai eu l’impression d’avoir été prise de folie !
L’interview se passe bien, j’ai l’impression de discuter avec une copine ! Ce n’est pas du tout des questions/réponses, mais vraiment une discussion dont les questions suivantes s’adaptent aux réponses données juste avant. Je passe un moment agréable alors que je sais que je suis stressée.

Une fois la caméra coupée, Danaé me propose de passer un petit « test » qui, selon elle, ne comptera pas pour la suite mais qui lui permet d’évaluer mon niveau. Je suis bien contente d’avoir révisé en voiture, et du coup je me sens plutôt en confiance. Des questions plutôt facile pour peu qu’on fasse un peu de pâtisserie. J’obtiens 9/10 et les félicitations sincères de Danaé, et vraiment, je suis fière de moi.
Celle-ci m’explique alors que sur les 3000 formulaires de candidatures reçus, ils n’en verront que 300 en interview filmée. Je fais donc partie des 300 sélectionnés, et je mesure encore plus la chance que j’ai d’être là, face à elle, dans les bureaux de la BBC, pour ce casting. Je suis ravie !!! Elle m’explique encore que sur ces 300, ils n’en choisiront que 40 pour l’étape d’après: le « testing » qui consiste à pâtisser en conditions émission: face caméra, avec journalistes, recette imposée, et temps imparti.
D’après elle, j’aurais une réponse le vendredi suivant.

Je sors donc rejoindre Justine, heureuse, soulagée, et encore dans l’euphorie du moment.
Je réalise que je fais parti des 300 chanceux qui sont allés à Paris, sur les 3000 de base, et je trouve ça complètement fou !! A présent, je croise les doigts pour la suite.

Nous passons une soirée très agréable sur Paris, chez des amis qui nous offrent le couvert et le gîte (Merci Playmo & Claire ! ) et nous repartons le lendemain matin.

 

 


LES JOURS SUIVANTS


 

 

Les jours suivants, je raconte énormément ce qui s’est passé. A mes amis, mes collègues, ma famille, et même à certains patients qui ont appris la nouvelle ! Et j’attends plus ou moins patiemment jusqu’au vendredi.

Mais voila que la journée du vendredi passe, et toujours pas d’appel… La déception pointe le bout de son nez, et je me dis que s’ils ne m’ont pas appelés, c’est que c’est négatif. Le WE passe, mes parents sont venus me rendre visite, et nous installons un véritable trône pour mon Kiki, qui a à présent, une place de choix dans ma petite cuisine.
Puis arrive le lundi, sans nouvelles. Je me retiens et je suis retenue, d’appeler. Mais le mardi, je n’y tiens plus ! Je me dis que ça fait une semaine que j’étais à Paris, c’est un peu comme une date « anniversaire » parce que je vais pouvoir dire au téléphone « J’ai passé le casting il y a une semaine » et donc j’appelle, dans les casiers de mon service, observées par deux collègues aussi impatientes que moi (Se reconnaîtront Marie D et Florine 😉 ).
Danaé récupère l’appel et semble se souvenir de moi (Je pense que ma tête s’affiche sur son ordi quand j’appelle…) et m’explique que les délibérations ont été repoussées, et que j’aurais sans doutes des nouvelles le vendredi suivant !

Le vendredi suivant, j’essaye de dormir le plus longtemps possible, pour que le temps passe plus vite. J’ai laissé mon téléphone allumé toute la nuit, des fois que je sois appelée, tôt le matin…
Je travaille l’après-midi, et quand j’arrive, mes collègues me demandent si j’ai eu une réponse. Mais non, toujours pas.
Le temps passe, les minutes s’écoulent, et je me dis que plus la journée avance, plus les chances d’être appelée s’amenuisent. Mais… A 15h, alors que je prépare une perf’, mon téléphone (que je n’avais volontairement pas mis en mode silencieux) sonne. Mon cœur manque un battement, le numéro commence pas 01 et « Boulogne-Billancourt » s’affiche. Je lâche un « C’est eux !!  » à mes collègues, avant de décrocher.
C’est Danaé au bout du fil. Elle a une voix joyeuse qui me laisse présager une bonne nouvelle… On échange quelques banalités, mais au fond, je n’attends qu’une chose: qu’elle me donne la réponse !
Enfin, elle me dit qu’ils souhaitent me voir pour le testing !! Mes collègues présentes comprennent à ma tête ou à ma réponse que c’est positif, et se mettent à crier en salle de soin !! C’est trop la joie, la fête, je suis heureuse comme tout !! Je fais partie des 40 sélectionnés sur 300 (Soit, 40 sur 3000 !! ), je n’en reviens pas !!!
Je m’éloigne de la joie qui explose en salle de soin, pour écouter les explications de Danaé sur la suite à venir…

 

 

Bientôt la suite… ♥

 


A propos Agathe

La pâtisserie c’est mon quotidien, c’est mes jours et mes nuits, mes rêves et mes déceptions. Faisons simple, la pâtisserie c’est ma passion: c’est celle qui m’empêche de m’endormir le soir quand je cogite sur mes nombreux futurs projets, celle qui occupe mon temps libre, celle qui me fait rager quand je n’arrive pas au résultat espéré, celle qui me fait sourire quand j’arrive enfin à faire quelque chose sur lequel je m’acharne depuis longtemps… Celle qui m’anime depuis 8 ans maintenant. Je m’appelle Agathe, j’ai 26 ans, toutes mes dents, et l’envie de partager avec vous cette passion, sans prétention.

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